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Représentations comme mode d’usage et d’échange

Cette recherche interroge la complexité représentationnelle de la conception architecturale, en phase primaire de conception, à partir d’une représentation graphique prise comme mode d’usage et d’échange.
Les activités centrées sur le processus et/ou sur le contenu nécessitent la construction de représentations mentales disponibles sur différents supports (dessins, maquettes, modèles numériques ou non numériques). Dès les étapes initiales, ces représentations externes, particulièrement floues et imprécises, ont un haut niveau d’abstraction qui les rend souvent inaccessibles et difficiles à comprendre comme telles, mais apparaissent pertinentes pour le concepteur.
La notion de fragment, comme trace matérielle physiquement perceptive et mémorielle, semble être une piste importante pour un accès à cette complexité.
L’esquisse n’est alors pas étudiée comme un dessin à comprendre dans un enchainement de dessins et de pensées permettant d’établir une chronologie, mais se trouve appréhendée comme une entité : un objet, medium, qui se donne à voir en tant que tel.

Le souci de modélisation nécessite de comprendre le fonctionnement et le rôle de cette entité, d’en repérer les pertinences pour le concepteur, et de voir comment et quoi elle peut être modélisé. C’est ainsi que la notion de fragment semble constituer une entrée possible dans cette analyse.

Dans le cas d’un système numérique susceptible de venir en aide à l’architecte, quel serait l’outil qui, à la fois, autoriserait la liberté nécessaire au travail d’esquisse, mémoriserait les données importantes du projet en cours de conception, et serait capable de produire les informations permettant au concepteur d’orienter son projet ? Sans doute ce système devrait-il être capable d’interpréter l’esquisse malgré la complexité de son abstraction. Mais alors, il faudrait sans doute ne pas se limiter au seul graphique ? Le texte et la parole, voire le geste, ne compléteraient-ils pas efficacement le dessin pour sa compréhension ? Ne pourrait-on pas établir, entre le concepteur et le système, un dialogue similaire à celui existant entre l’architecte et l’un de ses collaborateurs ? Des expériences d’observation de concepteurs au travail permettraient de mieux discerner les caractéristiques d’un tel dialogue.

Mais d’autres interrogations émergent : existe-t-il une préconception ? Se pose alors la question de sa transmission. Est-elle transmissible par une culture architecturale ou n’est-elle que celle d’une appropriation de chaque architecte. Serait-elle repérable à partir de cette trace mémorielle ? Comment y accéder ? Qu’en est-il de la ou des transmissions : celle de l’architecte aux siens, celle plus argumentatives des revues d’architecture, celle des « valeurs traditionnelles », plus proches d’un usage ordinaire que d’une conception formelle ? Et plus largement, quels en sont les enjeux, quelles sont les valeurs architecturales qui sous-tendent un projet.

L’observation de cette architecture, en phase primaire de conception, permet d’interroger le rôle de médium joué par le support (dessin à main levée, dessin à l’aide outil instrumenté comme un logiciel, maquette) et les objets intermédiaires de la conception, de la co-conception et co-construction avec le rôle des modalités (gestes, paroles, etc.), les aspects dialogiques de la conception architecturale, l’impact des nouvelles technologies dans le processus de conception architecturale, en particulier dans des systèmes immersifs innovants.

Cette recherche est principalement axée sur le processus de conception architecturale en phase primaire (conception/création) et s’appuie sur les modèles qui tentent ou cherchent à en rendre compte, tels que les travaux menés dans le domaine des « design studies » qui étudient en partie le processus de conception et l’image dans le processus de conception. Les « design studies » privilégient ces phases initiales du processus qui permettent justement l’émergence de représentations figuratives (esquisses, dessin à main levée, etc.), matérialisant en général une forme de pensée. Parallèlement, les design studies s’interrogent sur le rôle de la représentation dans la mise en place des stratégies de conception et attribuent à la figure ou au graphique un statut de support d’information : ce sont alors la dimension de communication de la figure et l’inter-relation architecte/représentation qui peuvent être étudiés.

Les travaux sur l’idéation sont aussi à prendre en considération en tant que production et d’enchaînement d’idées appartenant à un individu, soutenant son activité intellectuelle ou de pensée, laquelle ne peut être étudiée qu’empiriquement.
Ces représentations graphiques en tant que forme de pensée convoquent aussi la psychologie et les recherches sur l’imagerie élaborées par les sciences cognitives.

La notion de fragment :
Ce fragment, selon le moment dans le processus, est à contextualiser, décontextualiser ou recontextualiser. Ce dessin-fragment est aussi un support qui cadre les interactions a posteriori.

Nous pouvons proposer les schémas suivants :

Cas de l’esquisse architecturale ou de réutilisation à partir d’un projet initial
Cas de l’esquisse architecturale ou de réutilisation à partir d’un projet initial
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